Cet article de 1941 s’intéresse aux conséquences de la pénurie de soie, suite aux tensions politiques entre les USA et le Japon: affolées, les américaines se précipitent pour faire leurs réserves de bas de soie!
“Stocking Panic” was an article published in Business Week on aug.9, 1941. Crisis in american-japonese relations lead to a cut in silk imports and thus, limited silk stocking supplies [english below].
Business Week, 9 août 1941
La fin des importations de soie naturelle provoque un tollé parmi les américaines et un pose un sévère problème aux fabricants et aux commerçants.
Dans la plupart des pays, les bas de soie représentent un luxe presque exclusivement réservé à une poignée de femmes privilégiées de la classe aisée. Mais pour la gent féminine américaine de plus de 12 ans, ils font partie des articles de première nécessité.
Les États Unis importent la quasi totalité de leur stock de soie naturelle du Japon, dont 90% sont employés dans la fabrication de chaussants, principalement féminins. La semaine dernière, en apercevant les gros titres annonçant de nouvelles tensions dans les relations américano-japonaises, chacune se saisit de son portefeuille et se précipita à toute vitesse vers la boutique de bas la plus proche.
Le résultat: un pic des ventes rarement atteint dans l’histoire du commerce. Chez l’un des spécialistes New Yorkais, une cliente exigeante demanda: “J’utilise quatre paires par mois. Donnez-m’en assez pour deux ans”. À Denver, une femme posa trois billets de 100 dollars sur le comptoir et commanda “pour autant de bas, taille 9, peu importe le coloris”. Partout les boutiques embauchèrent des extras pour aider les vendeurs, souvent des jeunes filles inexpérimentées.
L’appel de Harriet Elliot* de l’OPAC à cesser cette goinfrerie et à n’acheter que pour satisfaire les besoins immédiats n’eut aucun effet.
Noël en juillet.
Dans une courte étude de la situation, Women’s Wear Daily* rapporte que dans certaines villes les ventes ont grimpé de 100 à 300%, avec un taux plus marqué sur les côtes est et ouest. Le volume estimé est deux fois plus important que pendant la période de Noël, laquelle pèse 17 à 18% sur le total annuel des ventes de bas.
Suite à l’ordre donné par l’OPM ce samedi dernier de cesser le traitement de la soie naturelle et l’annonce selon laquelle le gouvernement allait saisir tous les stocks en vue de la fabrication de parachutes et de sacs à explosifs, ce début de semaine fut marqué par une agitation dans des proportions telles que la plupart des magasins limitèrent les achats à deux ou trois paires par cliente.
Ce rationnement toutefois ne put empêcher, en fin de semaine, l’épuisement des stocks de bas dans les marques, les gammes et les tailles les plus recherchées.
Les fabricants rationnent également.
Les fabricants de bas ont eu recours au rationnement en délivrant leur maigre stock de bas finis et de mercerie aux commerçants. Avec juste assez de quantités disponibles pour satisfaire la demande habituelle pendant 5 mois, plusieurs fabricants et distributeurs ont cessé les livraisons en attendant une clarification de la situation.
*Harriett Eliott: professeur de sciences politiques, elle fut une pionnière dans le mouvement pour les droits de la femme et servit à partir de 1940 dans l’administration Roosevelt.
* Women’s Wear Daily (WWD) est un magazine de mode féminin fondé aux États-Unis en 1910
*OPM: Office of Production Management, organisme américain responsable de la production d’effort de guerre
Source: The Lemelson Center
“Stocking Panic”
Business Week August 9, 1941
Shutting off raw silk brings crisis for women of U. S. and acute problem for both manufacturers and retailers.
In most countries, silk stockings are a luxury pretty much restricted to a few fortunate women in the upper income brackets. But to the average U. S. female over the age of 12, they are one of the basic necessities. The United States imports almost its entire supply of raw silk from Japan, and 90% of this goes into stockings, mostly women’s. Last week, women took one quick look at the headlines announcing the new crisis in Japanese-American relations, grabbed their pocketbooks, and dived headlong for the nearest stocking counter.
The result was a rush of business practically unparalleled in retail history. In one New York specialty shop, an imperious customer said, “I use four pairs a month. Give me enough to last two years.” In Denver, one woman put three $100 bills on the counter and ordered. “That many stockings, size 9, I don’t care what color.” Stores everywhere added extra sales help, in many cases taking on inexperienced girls. The plea of OPACs’ Harriet Elliott, that women avoid piggishness and buy only for their immediate needs did not even wheel the tide.
Christmas in July. Women’s Wear Dailv, in a quick survey of the situation, reported sales in individual cities up 100% to 300%, with the heaviest buying on the East and West Coasts. Totalvolume was estimated as better than double that of the big Christmas season, which ordinarily accounts for between 17% and 18% of annual stocking sales. By the beginning of this week, following OPMs order of last Saturday halting processing of raw silk and announcing that the government would take over all stocks-on-hand for the production of parachutes and silk bags for explosives, the run on the market had reached such proportions that most stores were limiting customers to two or three pairs apiece. Even rationing, however, did not prevent a virtual sell-out of almost all popular brands, lines. and sizes by the end of this week.
Makers Ration, Too. Hosiery manufacturers, likewise, were resorting to rationing in apportioning their slender stocks of finished hosiery and dry goods to retailers. With enough of these on hand to supply only about five months normal demand, many manufacturers and distributors stopped all shipments pending a general clarification of the situation.







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je vous souhaite une bonne continuation .
eric