Women’s legs in photography is a bilingual book (french-english) that depicts the evolution of ladies clothing from the late 1800′s to the eighties and ends by a surprising conclusion: the more women acquired rights and freedom, the more they revealed their legs! (english below)
Les jambes des femmes en photos est une rétrospective vestimentaire en images de la fin du 19ème aux années 80 qui aboutit à une conclusion étonnante: plus les femmes ont gagné en droits et en libertés individuelles, plus elles ont dévoilé leurs jambes!

"Frou-frou par son jupon la femme, Frou-frou de l'homme trouble l'âme" (Suzy Delair). Le quadrille du French Cancan du Jardin de Paris, en 1898. La Goulue, Jane Avril, Rayon d'Or et Grille d'Égoût terminent le spectacle du Jardin de Paris, après avoir dansé au Moulin Rouge.
The cancan quadrille at the Jardin de Paris in 1898. La Goulue, Jane Avril, Rayon d’Or, and Grille d’Égoût.
Quelle femme, au XIXème siècle, aurait cru qu’en montrant ses jambes elle atteindrait la même place que les hommes dans la société? Aucune. Pourtant, celles qui ont une longueur d’avance sur leur temps ont bien compris la marche à suivre…George Sand et Flora Tristan se déguisent en homme. Les jeunes filles riches se vêtent tout d’abord du costume tailleur pour monter à bicyclette. Timidement, le costume féminin tente de s’adapter à sa pratique: les jeunes femmes ont bientôt l’autorisation de porter une culotte ou encore une robe-pantalon si elles ont une bicyclette à la main.
A rather daring mise en scène of a young woman inflating her bicycle tyre, circa 1900.
Les photographies, à travers les journaux, donnent un nouveau poids à la mode, à partir de 1900. La haute couture se développe et, en 1908, Paul Poiret fait défiler ses mannequins sans corset. Malgré ces évolutions, la mode féminine reste très figée jusqu’à la Première Guerre mondiale. Mais une fois les hommes au front, les femmes commencent à dévoiler leurs chevilles, puis la moitié de leurs mollets. L’émancipation de la femme s’amorce à ce moment là: la femme montre ses jambes.
Young woman posing for an erotic postcard- ca 1910-1920
Petit à petit, la toilette féminine exprime, par ses lignes, le refus des contraintes et le désir d’émancipation. Les femmes vont perdre leurs formes féminines en raison des restrictions de la guerre, et pour des raisons d’économie, raccourcissent leur jupes. Elles se coupent les cheveux, ne se maquillent plus. Coco Chanel, très attentive aux nouvelles conditions de vie, lance la silhouette de la guerre. C’est la robe Charleston qui est adoptée dans les années 1920: voici le début des garçonnes et des androgynes!

1925, Paris. Les femmes dévoilent leurs jambes et s'installent paisiblement à la terrasse des cafés. Le goût de la liberté ne les quittera plus.
Paris, 1925. Women reveal their legs, sitting peacefully in cafés. They will never lose the taste for freedom.
Dans les années 1930, la tendance est plus stricte et rigide. L’image de la femme est remise en question. La mode replonge dans un passé un peu légendaire. Les jupes rallongent et la taille redevient marquée comme avant la guerre. On hésite alors entre deux images de la femme: la séductrice ou l’émancipée. Malgré la crise, la haute couture se développe très bien durant ces années. C’est le retour de la broderie et des ornements. La taille reprend sa place naturelle. Et la longueur de la jupe indique l’emploi du temps de celle qui la porte: au-dessus du genou, pour le sport; à 38 cm du sol, pour le voyage; à 34 cm du sol, pour le thé; jusqu’à la cheville, pour le dîner; recouvrant le pied, pour les grands soirs. Progressivement, les chaussures vont s’affiner et les talons s’élever.

Sur un air sud-américain: "je ne veux pas travailler, je ne veux pas déjeuner, je veux seulement oublier, et puis je fume."
To a south american tune. “I don’t want to work, i don’t want lunch, I just want to forget, and then i’ll have a smoke”
Durant la seconde guerre mondiale, on raccourcit les jupes comme lors de la guerre de 14-18. Mais l’Amérique affirme son mode de vie et la société se modernise. Une mode unique, c’est fini. Les États-Unis proposent un produit de masse, c’est le début de la société de consommation. En 1947, Christian Dior crée le “new look”: taille étroite, petit buste, forte poitrine, talons hauts. La femme est serrée dans ses vêtements, elle se sent protégée. Les jupes vont se rallonger un peu: les garçonnes de 1930 ont besoin de féminité après cette guerre.

Belle à bicyclette. Rien ne peut décourager certaines belles de rester élégantes, pas même la guerre.
Beauty and the bicycle. Nothing could discourage certain beautiful ladies from remaining elegant, not even the war.
In the 50′s a lady is posing on the bonnet of a Dyna Packard
A partir des années 1950 on raccourcit les jupes de 1 cm chaque année. Durant les années 1960, la rue prend le pouvoir sur la mode, jusqu’ici régie par la haute couture. Mary Quant lance la mode de la minijupe, que plus aucune femme c’est décidé, ne voudra quitter. Cette fois, les jambes promènent découvertes dans les rues de toute l’Europe. Le pantalon va encore demeurer interdit aux femmes dans la plupart des endroits élégants. Alors les jambes n’ont plus qu’à être découvertes, signe que les femmes, qui marchent de l’avant, ont les mêmes droits que les hommes.
The Graduate, a cult movie with Dustin Hoffman, 1967

Ils tiennent tous seuls! Au salon de la lingerie de février 1984, les bas n'ont plus besoin de jarretelles.
They stay up on their own! At the salon de la Lingerie in february 1984, stockings no longer need suspenders.
What woman, in the ninetheenth century, would have believed that by showing her legs she would attain the same status in society as men? None. Yet some women, ahead of their time, understood the way forward. George Sand, a french female writer, and Flora Tristan, would disguise themselves as men. At first, rich girls would wear a tailor-made suit to ride their bicycle. Timidly, feminine attire attempted to adapt itself to contemporary practices. Girls soon worn the right to wear knickerbockers or even trouser-dress, as long as they were holding on to a bicycle.
Photographs, published in the press, lent added weight to fashion from 1900 onwards. Haute couture would develop, and in 1908, Paul Poiret had his models parade without corsets. Despite these advances, feminine fashion would remain very heavily weighed down until the First World War. But once men were at the front, women started to reveal their ankles, then the bottom halves of their calves. The emancipation of women began at that very moment: women revealed their legs.
Little by little, women’s outfits would express, by their cut, a refusal to accept constraints and a desire for freedom. Women lost shape due to wartime restrictions, and for reason of economy, they shortened their skirts. They cut their hair, no longer used make-up. The Chanel fashion house, very attentive to changes in living conditions, would launch its line of clothing for the “wartime silhouette”. In the 1920s, the Charleston dress was adopted: one began to see garconnes and androgynes!
During the 30′s, the trend was more rigid and strict. The appearance of women as called into question. Fashion plunged back into somewhat myhical past. Skirts became longer, waists were once again cinched, as before the war. One weavered between two images of womanhood: seductive or emancipated. Despite the crisis, high fashion continued to thrive in this period. Embroidery and ornamnts made a comeback. The waist returned to its natural place. And the length of skirts indicated the activities of the wearer: just below the knee for sports; 38 cm from the ground for travel; 34 cm from ground for tea-time; at the ankle for dinner; covering the feet for grand evening events. Gradually, shoes became more slender and heels rose.
During the Second World War, skirts were shortened as they were in WWI. It was at this point that America asserted its lifestyle and society modernised. The American image would modify European fashion. The rule of a single fashion was over; America proposed a mass product which became the basis of a consumer society. In 1947, Christian Dior created the “new look”: a narrow waist, small bust, a strong chest, and high heels. Women would be happy wearing snug clothing, they would feel protected. Skirts lengthened a little: the garconnes of the 1930′s now needed feminity after the war.
From the 1950′s, skirts shortened by 1 cm each year. During the 1960s, the street asserted its power over fashion, hitherto dominated by the haute couture houses. Mary Quant launched the mini-skirt fashion, from which there was no looking back for any woman.
This time, legs could stroll about uncovered in the streets throughout Europe. Trousers still remained forbidden for women in most elegant places. So legs themselves were revealed, as a sign that women, marching forward, had the same rights as men.











Je suis pour que les femmes aient encore plus de droits vu que…
A bientôt
oui mais même avec plus de droits je doute que nous puissions faire mieux que la minijupe!
J’aime beaucoup ce parallèle que tu as fait entre liberté et jambes!
A en croire certains témoignages sur des fora mode, apparemment, le temps est plus à la “masculinisation”, avec de nombreuses lycéennes qui n’osent plus sortir en robe, ou des “working girls” qui ont peur de ne pas être crédibles en jupe, étrangement… C’est là que je partage cette idée de jambes découvertes synonymes de liberté et même de pouvoir; être une femme est une chance, un atout, et il est très bête de le gommer en adoptant aveuglément le pantalon!
Ah, un livre de plus que je me devrais d’acheter
Les photos sont toutes sublimes! Je ne peux que conseiller de se procurer ce livre
Fantastic! What a great post, and love the images! Thanks for letting me know about your blog, its lovely!
I am glad you like it, thanks for your visit
L’homme qui aime les femmes adore leurs jambes. «Les jambes des femmes, dit-il, sont des compas qui arpentent le globe terrestre en tous sens, lui donnant son équilibre et son harmonie.» Charles Denner, alias François Truffaut, sait balancer des phrases qui sonnent comme des maximes immémoriales. Rien de plus daté, pourtant, que celle-là: L’Homme qui aimait les femmes est un film de 1977. Soit quinze ans après l’invention de la minijupe. Montrer ses cuisses est un acquis récent. Les jambes des femmes sont encore une idée neuve, en Europe. La longue marche, celle qui conduit du pied à la cuisse, a commencé cent ans plus tôt. Les premières photos du recueil de la collection Roger-Viollet datent des années 1900. Les longues jupes battent le pavé. De la jambe, on ne voit pointer que le bout de la bottine. Bienheureux celui qui aperçoit une cheville. Et bien vicieuse celle qui le laisse regarder. Quant au mollet, n’en parlons pas… Ou plutôt parlons-en. Aux Sablais, par exemple, qui ne décolèrent pas. Les Parisiens en vacances aux Sables-d’Olonne se massent à la sortie des églises pour en voir sortir les Sablaises en costume traditionnel, petite coiffe blanche épinglée au chignon et… jupe au genou! Les mollets sont couverts par des bas épais, mais qu’importe au bourgeois parisien! Il se rince l’œil à peu de prix. De retour en ville, il lui en coûtera un peu plus cher. Il faudra payer des bocks au café-concert pour mater les danseuses qui lèvent leurs jupons à volants. Car c’est là que réside l’essentiel du succès du french cancan: dans les guibolles des filles du peuple. Excédés par la dépravation des bourgeois, les anarchistes iront d’ailleurs poser quelques bombes dans ces endroits de perdition. Qu’à cela ne tienne, reste le bordel, où les filles (du peuple, toujours) s’exhibent dans d’affriolants caleçons qui descendent au genou et blousent sur la cuisse.
Les femmes de bien, les bourgeoises petites et grandes, gardent, elles, leurs jambes au secret. Disons qu’elles ne les montrent pas à n’importe qui. La jambe, parce qu’elle est interdite, fait partie de leurs outils de négociation. Bien plus, par exemple, que le visage et les seins, traditionnellement exposés. «Les jambes permettent aux hommes de marcher et aux femmes de faire leur chemin», écrit l’humoriste Alphonse Allais. On s’amuse et tout est dit: une femme a besoin de se placer, pas de marcher. Marcher est une affaire d’homme. Symboliquement au moins, car elles marchent toutes ou presque, les paysannes, les ouvrières, les commerçantes, les employées. Mais elles marchent entravées. La liberté d’aller est réservée à l’homme. Le corps des femmes ne leur appartient pas. Qui sait ce qu’elles seraient capables d’en faire? Pour bien marquer les territoires, le port du pantalon est interdit. Laisser deviner la forme de ses jambes, c’est un travestissement. Une menace à l’ordre public. Il faut avoir le culot et la position sociale de George Sand pour porter la culotte. Moins bien lotie, on écope d’une amende, et de quelques jours de prison.
Voilà une société solide, bien droite dans ses carcans. Elle se rêve parfaitement distribuée: d’un côté, les hommes et le travail; de l’autre, les femmes et la beauté. Malheureusement pour elle, le changement est en cours. Et il arrive par là où on ne l’attend pas. Par l’hygiène. L’hygiène (la grande avancée de la fin du siècle) veut que l’on dispose d’un corps sain pour éviter les maladies, et se reproduire idéalement. Et un corps sain, c’est un corps sportif. Place aux bains de mer et à la pratique de la bicyclette. Il va falloir se mettre en tenue, maillots de bain pour les unes, pantalons cyclistes pour les autres. Dans un cas comme dans l’autre, il faut bien se résoudre à montrer ses jambes. Et, tandis que l’hygiène restitue aux femmes un corps entier, les suffragettes se battent pour qu’on leur rende un cerveau. Les deux mouvements sont indissociables. L’histoire de l’émancipation des femmes, c’est conjointement les jambes et la tête.
Mais, avant même que l’on en dénude telle ou telle partie, une vague de fond a transformé l’idée que l’on se fait du corps. Elle est passée par le costume. On abandonne l’attirail effrayant qui déforme, les tournures qui plombent, les corsets qui étranglent. Les robes, toujours très longues, sont plus souples et plus fluides. «Les coussins, le “strapontin” de l’affreuse “tournure”, avaient disparu ainsi que ces corsages à basques qui, dépassant la jupe et raidis par des baleines, avaient ajouté si longtemps à Odette un ventre postiche et lui avaient donné l’air d’être composée de pièces disparates qu’aucune individualité ne reliait», écrit Marcel Proust.
Mine de rien, cette réforme du costume met un terme à plusieurs siècles d’oppression, celle du bas par le haut. Les canons de la beauté du corps qui sont en train de disparaître ont été fixés au Moyen Age. Ils obéissaient alors à un code moral et symbolique: le haut était noble, le bas ignoble. En vertu de quoi le haut était montré et le bas caché. Suprématie du visage et de la poitrine. Enfer des jambes. «La nature induit les femmes et les hommes à découvrir les parties hautes et à cacher les parties basses, parce que les premières comme siège de la beauté doivent se voir, et il n’est pas ainsi des autres, étant seulement le soutien et la base des supérieures», écrivait Firenzuola dans ses Discours sur la beauté des dames. Et une mère déclarait à sa fille dans un dialogue de la fin du XVIe siècle: «Quel besoin de se soucier des jambes puisque ce n’est pas chose qu’il faille monstrer?» La Belle Epoque rompt avec un corps en pièces détachées. Peu à peu, il apparaît dans son entier, dessine une seule ligne, et cette ligne est belle. Ce qui semble peu de chose est immense, un changement dans la civilisation.
Le premier conflit mondial précipite les choses. Les hommes sont au front, les femmes au turbin. La société a autre chose à faire qu’à se soucier du regard des uns sur les mollets des autres, quand elles se rendent à l’usine ou au bureau. Raccourcir ses ourlets n’a rien à voir avec le souci de plaire. Ce serait même tout l’inverse: une austérité en temps de guerre. Seulement, avec la fin des hostilités, il n’est pas question de rallonger. Puisqu’on s’est habitué aux chevilles, on se fera bien au mollet. Puis au genou. Les jupes remontent, centimètre par centimètre. C’est chaque fois un petit gain d’aisance, une plus grande souplesse, une meilleure allure. Coco Chanel crée des vêtements pour «une femme active ayant besoin d’être à l’aise dans sa robe». Les journaux féminins vantent «l’art de travailler en demeurant une femme élégante». Femmes et hommes s’habituent à se regarder. Dans ce nouveau partage des rôles, ils sortent gagnants, les uns et les autres. A elles leur part de travail. A eux leur part de beauté. Dans l’entre-deux-guerres naît une ligne du corps masculin aussi digne d’adoration que celle du corps féminin.
Tout cela ne va pas sans lamentos, menaces de décadence et promesses d’apocalypse. Mais rien n’y fait. En 1962, un an après l’invention de la pilule, l’Anglaise Mary Quant met en vente à Chelsea ses premières minijupes. Bientôt, Charles Denner-François Truffaut pourra célébrer les jambes compas. En un peu plus d’un siècle, l’Occident est passé, littéralement, cul par-dessus tête. Comme l’écrivait le poète Philippe Soupault, dans Votre beauté, en 1935: «A qui fera-t-on croire que l’esthétique féminine n’est pas un des symptômes les plus marquants de l’évolution de la civilisation?»
Merci pour le l o n g copier/coller, mais sur ce blog on aime les réflexions personnelles et surtout, citer les sources.
En l’occurence: Marie Desplechin
http://www.tv5.org/TV5Site/litterature/critique-293-rogerviolletles_jambes_des_femmes.htm
J’ai l’image de les femmes devant le cafe a Paris! C’est une carte postale sur ma chambranle de cheminee.
Effectivement, je confirme ce que dit Lily Satine… je suis lycéenne et je suis une des rares à porter des jupes et des robes (avec mes petits talons hauts). On porte surtout le mini short avec des collants, mais la jupe semble appartenir à une féminité exacerbée, presque honteuse… mais adepte des pinuperies, je ne peux quasiment plus porter de pantalons alors je ne changerai point à cause de tous ces regards de travers !
Un blog consacré à la lingerie rétro pour toutes les addicts de glam’ attitude.
Aspects historiques, sociaux et relationnels des dessous…
Venez me dire bonjour!
http://leolechat.over-blog.fr/
Léo
Bonjour,
Vos photos sont magnifiques, comment puis-je faire pour savoir si les droits d’auteur sont encore d’actualité ?
Merci par avance et bravo pour le travail de recherche !
Cordialement,
Céline
Ce n’est pas joli de poster un commentaire pour pouvoir caser sa pub… surtout lorsqu’on n’a même pas lu l’article. Publicité supprimée…
Je ne suis pas l’auteure de ce livre, les droits appartiennent donc aux auteurs de cet ouvrage. Je n’ai fait que reproduire des scans et citer des passages.